En bref
- Répondez par une fourchette resserrée en brut annuel, dont le bas reste un salaire que vous accepteriez.
- Calez vos attentes sur le marché : simulateur de l'Apec, annonces pour des postes similaires, grille de votre convention collective.
- Quand c'est possible, demandez d'abord ce que l'entreprise a prévu.
- Comptez l'ensemble de la rémunération (part variable, primes, télétravail, mutuelle) avant de dire oui.
- Pas de prétentions sur le CV ; à l'écrit, seulement si l'annonce le demande.
Sur cette page
- Que répondre à la question des prétentions salariales en entretien ?
- Comment évaluer votre valeur sur le marché
- Brut ou net, par an ou par mois : parlez le langage du recruteur
- Préparer une fourchette crédible
- Les avantages à mettre dans la balance
- Exemples de réponses
- Premier emploi : sur quoi vous appuyer
- Reconversion : partir du nouveau métier
- Changement de poste ou d'employeur
- Faut-il écrire ses prétentions sur le CV ou dans la lettre ?
- Les erreurs à éviter
- Ce que changera la transparence salariale
- Questions
Que répondre à la question des prétentions salariales en entretien ?
Les recruteurs ne cherchent pas à vous piéger. Ils vérifient trois choses : que les attentes du candidat tiennent dans le budget de l'entreprise, qu'il sait ce que vaut le poste, et qu'il sait défendre sa valeur. Une bonne réponse a trois parties :
- Le chiffre : un bas et un haut rapprochés, sur l'année et avant cotisations.
- La justification : votre expérience, vos compétences, et les repères du marché sur lesquels vous vous appuyez.
- L'ouverture : vous restez prêt à la discussion sur l'ensemble de la rémunération, avantages compris.
Le moment compte aussi. Les conseils de France Travail : laisser le recruteur aborder le sujet, et le lancer vous-même s'il ne le fait pas. Si la question tombe dès le premier appel de l'entreprise, une première idée suffit ; la négociation viendra au cours du processus de recrutement, si tout se passe bien.
Comment évaluer votre valeur sur le marché
Des prétentions salariales se défendent avec des sources, pas avec une impression. Pour les préparer pendant votre recherche d'emploi, croisez au moins trois repères :
- Le simulateur de salaire de l'Apec, pour les cadres : métier, région, secteur, taille de l'entreprise et années d'expérience fournissent une estimation basse et haute.
- Les fiches métiers de l'Apec, qui indiquent la rémunération proposée dans les offres d'emploi pour chaque fonction.
- Les offres similaires publiées dans votre région, quand elles affichent les salaires proposés.
- La grille de votre convention collective, dont les articles fixent des salaires minima par niveau. L'outil du Code du travail numérique vous aide à la trouver.
- Votre réseau et LinkedIn : des profils similaires, en poste dans le secteur, connaissent les pratiques des entreprises. Un message court sur LinkedIn suffit souvent.
Brut ou net, par an ou par mois : parlez le langage du recruteur
En France, la rémunération se discute presque toujours en brut annuel. Le net est ce qui reste après les cotisations sociales : d'après l'Insee, le salaire du secteur privé s'établissait en 2024 à 3 602 euros brut mensuels en moyenne, en équivalent temps plein, soit 2 733 euros net, près d'un quart de moins. Pour votre situation, le simulateur de l'Urssaf fait la conversion.
Demandez aussi sur combien de versements le salaire est réparti : selon les entreprises, 12 ou 13. La même somme par an ne fait pas la même paie.
| Par an | Sur 12 versements | Sur 13 versements |
|---|---|---|
| 30 000 € | 2 500 € | 2 308 € |
| 36 000 € | 3 000 € | 2 769 € |
| 42 000 € | 3 500 € | 3 231 € |
| 50 000 € | 4 167 € | 3 846 € |
Préparer une fourchette crédible
Comme le recommande l'Apec, le bas de votre fourchette est votre seuil acceptable, le haut ce qui vous satisferait pleinement. Gardez un écart d'environ 10 %. Par exemple, « entre 42 000 et 46 000 euros » paraît réfléchi ; « entre 35 000 et 50 000 » laisse penser que vous n'avez rien préparé.
Le plus important : le recruteur retiendra souvent le bas, point de départ de la négociation ; il doit donc vous convenir. Si l'annonce de l'entreprise affiche déjà un salaire, placez-vous dans le haut de ce cadre quand votre profil le justifie, plutôt que de proposer autre chose.
Les avantages à mettre dans la balance
Le fixe n'est qu'une partie de la négociation. Selon une étude de l'Apec (octobre 2023), les négociations des cadres à l'embauche dépassent souvent le salaire : plus d'un tiers essaient aussi d'obtenir d'autres avantages. N'hésitez pas à demander le détail. Avant d'accepter, regardez :
- la part variable et les primes, et les objectifs dont elles dépendent ;
- le treizième mois, l'intéressement et la participation ;
- la mutuelle, les titres-restaurant, le forfait mobilité ;
- le télétravail, les congés et les RTT ;
- les formations proposées et l'équipement (ordinateur, téléphone, voiture).
Ces éléments permettent de trouver un accord quand le budget de l'entreprise est serré sur le fixe : il peut être plus simple de négocier un jour de télétravail en plus ou une formation financée, qui ont aussi une vraie valeur.
Exemples de réponses
Les exemples de cet article sont à adapter à votre situation : ils servent à préparer votre propre réponse, pas à être récités.
« Pour ce poste, je vise entre 42 000 et 46 000 euros brut par an. Je me base sur mes cinq ans d'expérience en gestion de projet et sur le simulateur de l'Apec pour ce type de fonction à Lyon. Je reste ouvert sur la répartition entre fixe et variable. »
« Je préfère parler de mes attentes pour ce poste, qui comporte d'autres responsabilités que le mien. Quelle rémunération avez-vous prévue ? »
« Le poste m'intéresse beaucoup. Le montant est un peu en dessous de ce que j'avais en tête : pourrions-nous en discuter, ou voir ensemble la part variable et les jours de télétravail ? »
Premier emploi : sur quoi vous appuyer
Sans expérience, appuyez-vous sur les annonces destinées aux candidats débutants, les minima de la convention collective et les données d'insertion de votre école ou de votre formation. Vos stages et votre alternance comptent : ce sont des compétences déjà mises en pratique. L'Apec propose aussi un accompagnement dédié aux jeunes diplômés pour aborder la rémunération en début de carrière.
« Pour un emploi de chargé d'accueil et de relation client, je vise entre 24 000 et 26 000 euros par an, d'après les annonces que j'ai consultées et mes deux ans d'alternance dans le secteur. »
Reconversion : partir du nouveau métier
En reconversion, vos prétentions se calculent sur le marché du travail de votre nouveau métier, pas sur votre ancien salaire. Le niveau de départ peut baisser par rapport à votre situation actuelle ; mettez en avant les compétences qui se transfèrent (gestion d'équipe, relation client, connaissance d'un secteur) pour viser le haut des fourchettes des débutants. Comparez les métiers avec les mêmes critères : niveau, secteur, région.
Changement de poste ou d'employeur
Si vous êtes déjà salarié, partez de votre rémunération totale dans l'entreprise actuelle, variable compris, et de ce que valent vos compétences dans le nouveau poste. Négocier est courant : selon l'Apec, six cadres sur dix cherchent à négocier leur salaire à l'embauche, et les deux tiers de ceux qui l'ont fait ont obtenu la somme demandée, voire plus. En mobilité interne, renseignez-vous auprès des ressources humaines (RH) sur la grille qui s'applique, et profitez-en pour parler de vos objectifs de carrière.
Faut-il écrire ses prétentions sur le CV ou dans la lettre ?
- Sur le CV, jamais : il présente votre parcours, pas une condition.
- Dans la lettre de motivation, seulement si l'annonce le demande, en une phrase à la fin : « Mes prétentions salariales se situent entre 38 000 et 41 000 euros brut par an. »
- Dans un formulaire de candidature, indiquez vos attentes, et précisez « à discuter » quand le champ le permet.
Pour conclure, voyez aussi notre article sur la formule de politesse.
Les erreurs à éviter
- Donner un chiffre sans préparation, ou un net mensuel quand le recruteur raisonne sur l'année.
- Un écart trop large entre le bas et le haut, ou un bas qui ne vous convient pas.
- Viser trop haut sans argument : un candidat hors budget sort du recrutement sans discussion.
- Mentir sur votre salaire actuel : l'écart peut se voir, et la confiance ne revient pas.
- Accepter tout de suite : demandez le temps de relire la proposition écrite.
Ce que changera la transparence salariale
Le projet de loi qui transpose la directive européenne sur la transparence des rémunérations prévoit une fourchette dans chaque offre d'emploi publiée, et interdit de demander aux candidats, en entretien, leur rémunération actuelle ou passée. Déposé au Sénat le 10 septembre 2026, il n'est pas encore voté. Le calendrier et le détail des mesures sont dans notre article sur la transparence salariale.
Questions fréquentes.
Sources
- Salaire : comment négocier en entretien d'embauche ?, Apec
- Simulateur de salaire Apec, Apec
- Négociez votre salaire, vous avez tout à y gagner !, Apec
- Jeunes diplômés : apprenez à négocier votre salaire dès votre premier emploi, Apec
- Salariées, négociez votre rémunération au plus juste, France Travail
- Les salaires dans le secteur privé en 2024 (Insee Première n° 2079), Insee
- Trouver sa convention collective, Code du travail numérique
- Simulateur de salaire brut et net, Urssaf

L'auteur
Diego Benitez
Créateur de Kandiq, consultant SEO et IA
Diego Benitez est consultant SEO et IA indépendant. Il accompagne des marques dans leur visibilité sur Google et dans les moteurs de réponse par IA, et a créé Kandiq pour appliquer la même rigueur au CV : ce qu'un logiciel de tri sait lire, ce qu'un recruteur retient en quelques secondes. Ses guides partent des questions que les candidats posent réellement à Google, s'appuient sur des sources publiques (Onisep, France Travail, Apec, Code du travail) et sont mis à jour quand les règles changent. Les exemples sont fictifs, les chiffres sont sourcés.

