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Questions d'entretien d'embauche : les plus fréquentes et comment y répondre

Chaque question d'entretien d'embauche sert au recruteur à évaluer un point précis du candidat : son expérience, sa motivation, sa manière de travailler. Voici les plus fréquentes, avec ce qu'elles cherchent à vérifier et un exemple de réponse, puis les questions à poser au recruteur et celles qu'il n'a pas le droit de vous poser.

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En bref

  • Une dizaine de questions reviennent dans presque tous les entretiens : présentation, motivation, expériences, qualités et défauts, cas pratiques, salaire.
  • Pour chacune, demandez-vous ce que le recruteur veut évaluer, puis répondez avec un fait vécu et son résultat.
  • Préparez deux ou trois questions à poser au recruteur : sur les missions, l'équipe et la suite du recrutement.
  • Les questions sans lien avec l'emploi (enfants, grossesse, santé, religion, origine) sont interdites : vous pouvez refuser d'y répondre.
Sur cette page
  1. Comment préparer les questions d'un entretien d'embauche
  2. « Parlez-moi de vous » : la question qui ouvre l'entretien
  3. « Que savez-vous de notre entreprise ? »
  4. « Pourquoi souhaitez-vous ce poste ? »
  5. « Pourquoi devrions-nous vous embaucher ? »
  6. « Quelles sont vos qualités et vos défauts ? »
  7. « Racontez-moi une situation difficile que vous avez gérée »
  8. « Quel est votre plus gros échec ? »
  9. « Pourquoi voulez-vous quitter votre emploi actuel ? »
  10. « Comment expliquez-vous cette période sans emploi ? »
  11. « Où vous voyez-vous dans 5 ans ? »
  12. Les questions de mise en situation
  13. Autres entretiens, ancien employeur : les questions délicates
  14. Salaire et disponibilité : les questions de fin d'entretien
  15. S'entraîner aux questions d'entretien d'embauche sur une vraie offre
  16. Les questions à poser en entretien au recruteur
  17. Les questions d'entretien d'embauche interdites par la loi
  18. Que faire face à une question interdite ?
  19. Questions

Comment préparer les questions d'un entretien d'embauche

Les questions varient selon l'entreprise et le niveau du poste, mais leur socle est le même partout : qu'il s'agisse d'un premier entretien RH ou d'un échange avec le futur responsable, le recruteur veut cerner le profil du candidat, ses compétences, sa personnalité et ses soft skills. Vous devez donc partir de l'annonce, pas d'une liste à apprendre par cœur : c'est la meilleure idée pour donner des réponses pertinentes.

  1. Relisez l'annonce et soulignez les missions et les compétences demandées : ce sont elles que les questions vont tester.
  2. Relisez votre candidature ligne à ligne : chaque expérience, chaque date, chaque changement d'emploi peut être creusé. Notre guide de l'expérience professionnelle aide à les décrire.
  3. Préparez des exemples : un fait vécu par compétence, avec un chiffre si possible. Grâce à eux, vous pourrez répondre aux questions techniques comme aux questions de personnalité.
  4. Renseignez-vous sur l'entreprise : son activité, ses offres, sa culture, son environnement de travail, son actualité.
  5. Entraînez-vous à voix haute : deux minutes pour vous présenter, une minute environ pour le reste. Le stress se gère mieux quand on a déjà dit ses réponses une fois.
Type de questionExempleCe que le recruteur cherche à évaluer
Présentation« Parlez-moi de vous. »La capacité du candidat à résumer son profil
Motivation« Pourquoi notre entreprise ? »Que le candidat a choisi cette entreprise en connaissance de cause
Parcours« Pourquoi quitter votre poste actuel ? »La cohérence de votre projet professionnel
Compétences« Que pouvez-vous nous apporter ? »L'adéquation entre votre profil et les missions
Comportementale« Racontez un moment difficile. »La manière dont le candidat agit, prouvée par un fait
Mise en situation« Un client mécontent arrive. Que faites-vous ? »Son approche face à un cas réel
Conditions« Quand pouvez-vous commencer ? »Le salaire, la date d'arrivée, les contraintes

« Parlez-moi de vous » : la question qui ouvre l'entretien

L'enjeu : cette question permet de voir si le candidat sait présenter son parcours de façon claire, et s'il est à l'aise à l'oral. Parlez de votre vie professionnelle, pas de votre famille : votre métier, deux expériences utiles pour la fonction, et ce qui vous amène.

Ce que vous pouvez répondre

« Je suis assistante administrative depuis 2020, d'abord en cabinet comptable, puis dans une PME du bâtiment où je gère la facturation et le planning de quinze techniciens. Je cherche maintenant à prendre en charge la gestion administrative de toute une agence, ce que propose votre annonce. »

« Que savez-vous de notre entreprise ? »

L'enjeu de la question : vérifier que les candidats ont préparé l'entretien. Personne n'attend l'historique complet de la société, mais son activité, ses clients ou ses produits, ses valeurs, une actualité récente, et ce qui vous attire.

Une formulation possible

« Vous fabriquez des menuiseries en aluminium pour les professionnels du bâtiment. J'ai lu que vous ouvrez une troisième ligne de production l'an prochain : c'est ce qui m'a motivé à postuler comme planificateur. »

« Pourquoi souhaitez-vous ce poste ? »

L'enjeu : avec cette question, le recruteur veut comprendre les vraies motivations du candidat et ses attentes. Citez une mission de l'annonce, un type de clientèle ou un métier que vous voulez approfondir. Une réponse qui conviendrait à n'importe quelle entreprise ne convainc personne.

Pour vous inspirer

« Aujourd'hui, je traite des demandes ponctuelles. Votre annonce associe la vente et le suivi des clients sur plusieurs années : c'est cette relation dans la durée que je veux développer. »

« Pourquoi devrions-nous vous embaucher ? »

L'enjeu : entendre de la bouche du candidat l'adéquation entre son profil et le poste, sans arrogance. Reprenez trois compétences de l'annonce et donnez une preuve pour chacune.

Ce que vous pouvez répondre

« Vous demandez trois choses : maîtriser le logiciel de paie, gérer un gros volume et former les nouveaux arrivants. J'utilise ce logiciel depuis 2022, je traite 180 bulletins par mois, et j'ai formé les deux gestionnaires arrivés l'an dernier. »

« Quelles sont vos qualités et vos défauts ? »

Le recruteur mesure votre recul sur vous-même. Citez un vrai défaut sans lien avec le cœur du poste, avec ce que vous faites pour vous améliorer, et prouvez chaque qualité par un fait : voir notre guide des qualités et défauts en entretien.

« Racontez-moi une situation difficile que vous avez gérée »

L'enjeu : aller au-delà des adjectifs et découvrir comment le candidat agit vraiment face aux situations de travail. Ces questions comportementales commencent par « Racontez-moi une fois où… » ou « Donnez-moi un exemple de… ». La méthode tient en trois temps : le contexte, ce que vous avez fait, le résultat. Elle permet de répondre efficacement à toutes les questions de ce type. Dites « je » et non « nous » : c'est votre rôle qu'on veut connaître.

Une réponse en trois temps

La situation : « Deux semaines avant un salon, notre prestataire de stand a fait faillite. »

L'action : « J'ai contacté cinq prestataires en deux jours, obtenu trois devis et proposé à ma responsable un stand plus simple, monté par l'équipe. »

Le résultat : « Le stand était prêt la veille, pour un budget inférieur de 15 % à celui prévu. »

« Quel est votre plus gros échec ? »

L'enjeu de la question : savoir si le candidat reconnaît une erreur et sait en tirer une leçon pour s'améliorer. Choisissez un échec réel mais pas dramatique, puis consacrez l'essentiel de la réponse à ce que vous avez changé depuis.

Une formulation possible

« Sur mon premier projet comme chef d'équipe, j'ai sous-estimé la formation des nouveaux et nous avons livré avec trois semaines de retard. Depuis, je prévois une semaine de formation dans chaque planning et je fais un point chaque vendredi. Les deux projets suivants sont arrivés à la date prévue. »

« Pourquoi voulez-vous quitter votre emploi actuel ? »

L'enjeu de la question : connaître les motifs de départ du candidat et ses objectifs professionnels. Parlez de ce que vous cherchez (plus de responsabilités, un autre secteur, un rapprochement géographique) plutôt que de ce que vous fuyez, et ne critiquez jamais un ancien employeur.

Pour vous inspirer

« J'ai beaucoup appris, mais mon entreprise ne compte que trois commerciaux et les possibilités d'évolution sont limitées. Je veux suivre des comptes plus importants. »

« Comment expliquez-vous cette période sans emploi ? »

L'enjeu : être rassuré, pas juger le candidat : beaucoup de candidats ont connu une pause dans leur carrière. Donnez la raison en une phrase, puis dites ce que vous avez fait pendant cette période. Votre santé et votre famille ne regardent pas le recruteur : « une raison personnelle, aujourd'hui réglée » suffit.

Ce que vous pouvez répondre

« J'ai fait une pause d'un an pour une raison personnelle, aujourd'hui réglée. J'en ai profité pour me former au logiciel de comptabilité que vous utilisez, et je suis disponible tout de suite. »

« Où vous voyez-vous dans 5 ans ? »

L'enjeu : savoir si le candidat se projette au sein de l'entreprise et si ses objectifs correspondent à ce qu'elle peut offrir. France Travail conseille aux jeunes diplômés de demander d'abord ce que le recruteur entend par court et moyen terme. Si votre projet est clair, dites-le et demandez quelles formations existent.

Une formulation possible

« D'ici cinq ans, j'aimerais suivre un portefeuille de clients plus large, et pourquoi pas encadrer une ou deux personnes. Vous formez vos chefs d'équipe en interne : c'est une évolution qui m'intéresse. »

Les questions de mise en situation

L'enjeu : tester le raisonnement du candidat et son niveau sur un cas tiré du métier. « Un client mécontent arrive, que faites-vous ? », « Deux urgences tombent à la même heure, laquelle traitez-vous ? ». Il n'y a pas une seule bonne réponse : décrivez les étapes dans l'ordre, et appuyez-vous sur ce que vous avez déjà vécu.

Pour vous inspirer

« J'écoute le client sans l'interrompre, puis je reformule son problème. Je lui dis ce que je peux faire tout de suite, et dans quel délai pour le reste. C'est ce que je faisais dans mon dernier magasin, avec une dizaine de réclamations par semaine. »

Ces cas pratiques sont fréquents dans la vente : voir aussi notre exemple de CV commercial retail.

Autres entretiens, ancien employeur : les questions délicates

  • « Passez-vous d'autres entretiens ? » Le recruteur veut savoir s'il doit aller vite, et il n'y a rien de mal à passer d'autres entretiens. France Travail conseille d'être honnête : évoquez les postes visés sans citer les entreprises, et redites ce qui vous attire ici.
  • « Que dirait de vous votre ancien employeur ? » Si le départ s'est bien passé, citez les qualités qui vous étaient reconnues ; s'il était conflictuel, restez honnête sans détailler les tensions. Appuyez-vous sur un fait, comme les retours de votre dernière évaluation annuelle.
  • « Quelle est la chose la plus intéressante sur vous qui ne figure pas sur votre CV ? » Choisissez un projet qui a révélé vos qualités. Et si c'est un loisir marquant, ajoutez-le à vos centres d'intérêt.
Ce que vous pouvez répondre

« Oui, j'ai deux autres processus en cours comme gestionnaire de paie. Votre annonce est celle qui m'intéresse le plus, parce qu'elle inclut les déclarations sociales que je veux apprendre. »

Salaire et disponibilité : les questions de fin d'entretien

  • Vos prétentions salariales : une fourchette resserrée en brut annuel, préparée sur des données de marché, dont le bas reste acceptable pour vous. Le détail est dans notre guide des prétentions salariales.
  • Votre date d'arrivée : si vous travaillez déjà, donnez la durée de votre préavis ; sinon, dites que vous êtes disponible.

S'entraîner aux questions d'entretien d'embauche sur une vraie offre

C'est en répondant à voix haute qu'on repère les réponses trop longues et les faits qui manquent. Faites-vous interroger par un proche, ou entraînez-vous sur l'annonce qui vous intéresse avec la préparation d'entretien de Kandiq.

Les questions à poser en entretien au recruteur

« Avez-vous des questions ? » est souvent la dernière question de l'entretien, et répondre « non » donne l'image d'un candidat peu intéressé. Les recruteurs attendent de bonnes questions : c'est aussi pour vous l'occasion de recueillir des informations sur le poste. Selon France Travail, mieux vaut préparer ses questions par thème et poser des questions au fil de l'échange, sans couper la parole. Deux ou trois questions pertinentes suffisent :

  • Les missions : « À quoi ressemble une journée type ? », « S'agit-il d'une création de poste ? »
  • L'équipe : « Comment l'équipe travaille‑t‑elle au quotidien ? », « Qui sera mon responsable direct ? »
  • L'entreprise : « Quel est le principal défi de l'entreprise en ce moment ? »
  • L'intégration : « Qu'est-ce qui est attendu de la personne recrutée les premiers mois ? »
  • La suite : « Quelles sont les prochaines étapes du processus de recrutement ? », la question de repli si tout a déjà été dit pendant l'échange.

À éviter en revanche :

  • les congés et les RTT en premier, ou le salaire avant d'avoir parlé des missions ;
  • ce qui figure sur le site de l'entreprise : son activité, ses valeurs, sa taille ;
  • une question dont la réponse a déjà été donnée.

Les questions d'entretien d'embauche interdites par la loi

Selon le Code du travail (L1221-6), les informations demandées à un candidat ne peuvent servir qu'à apprécier sa capacité à occuper le poste ou ses aptitudes professionnelles, avec un lien direct et nécessaire avec l'emploi. Le candidat doit, lui, répondre de bonne foi à ces questions-là. L'article L1132-1 interdit d'écarter une personne d'un recrutement en raison des critères suivants :

  • l'origine, l'appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation ou une prétendue race, le nom de famille, le lieu de résidence ou la domiciliation bancaire ;
  • le sexe, l'identité de genre, l'orientation sexuelle, les mœurs ;
  • l'âge, la situation de famille, la grossesse ;
  • l'état de santé, le handicap, la perte d'autonomie, les caractéristiques génétiques ;
  • les convictions religieuses, les opinions politiques, les activités syndicales ou mutualistes, un mandat électif ;
  • l'apparence physique, la vulnérabilité économique, la capacité à s'exprimer dans une autre langue que le français ;
  • la qualité de lanceur d'alerte ou de personne en lien avec lui.

« Avez-vous des enfants ? », « Êtes-vous marié ? », « Quelle est votre religion ? » sont donc des questions interdites ; le Défenseur des droits cite celle des enfants dans son guide pour les recruteurs. Une candidate n'est pas tenue de révéler une grossesse (L1225-2). Les conditions de l'emploi (horaires, week-ends, déplacements, rémunération, contrat) peuvent en revanche être abordées.

Que faire face à une question interdite ?

Pour le Défenseur des droits, personne n'est tenu de révéler une grossesse, un handicap ou son orientation sexuelle : le candidat peut refuser de répondre, voire mentir pour se protéger. Vous pouvez :

  • ramener la question au poste : « Si vous pensez à ma disponibilité, les horaires de l'annonce me conviennent » ;
  • refuser poliment : « Je préfère ne pas parler de ma vie personnelle ; je peux vous en dire plus sur mon expérience » ;
  • noter les faits juste après : la date, la question exacte, le nom du recruteur, les témoins.

Si vous pensez avoir été écarté pour l'un de ces motifs, vous pouvez saisir gratuitement le Défenseur des droits, notamment au 3928, porter plainte dans les six années qui suivent les faits, ou vous faire aider par une association (service-public.gouv.fr). La discrimination à l'embauche est punie de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende pour une personne physique, et jusqu'à 225 000 € pour une entreprise.

Questions fréquentes.

« Parlez-moi de vous », « Que savez-vous de notre entreprise ? », « Pourquoi ce poste ? », « Pourquoi vous ? », les qualités et défauts, un fait vécu, votre projet à moyen terme, les prétentions salariales et « Avez-vous des questions ? ».

Sources

  1. Article L1132-1 du Code du travail (principe de non-discrimination), Code du travail numérique
  2. Article L1221-6 du Code du travail (informations demandées au candidat), Code du travail numérique
  3. Article L1225-2 du Code du travail (grossesse et recrutement), Code du travail numérique
  4. Pour un recrutement sans discrimination, Défenseur des droits
  5. Discrimination, Service-public.gouv.fr
  6. Entretien d'embauche : apprenez à poser les (bonnes) questions, France Travail
  7. Comment répondre aux questions sensibles en entretien, France Travail
  8. Entretien d'embauche : nos conseils pour répondre à 3 questions délicates, France Travail

L'auteur

Diego Benitez

Créateur de Kandiq, consultant SEO et IA

Diego Benitez est consultant SEO et IA indépendant. Il accompagne des marques dans leur visibilité sur Google et dans les moteurs de réponse par IA, et a créé Kandiq pour appliquer la même rigueur au CV : ce qu'un logiciel de tri sait lire, ce qu'un recruteur retient en quelques secondes. Ses guides partent des questions que les candidats posent réellement à Google, s'appuient sur des sources publiques (Onisep, France Travail, Apec, Code du travail) et sont mis à jour quand les règles changent. Les exemples sont fictifs, les chiffres sont sourcés.

Votre entretien, préparé.